Historique de la découverte de la grotte de Trassanel

 

Remontons aux premières périodes de sa découverte (1962-1965).
Il semble que depuis longtemps la population de Trassanel et en particulier Messieurs Agnel et Clergue connaissait l'existence d'un trou souffleur situé au nord ouest du village. Des spéléos amateurs de la commune entreprirent en 1962 la désobstruction de ce trou souffleur avec pics et pioches. Ils ouvrirent une fissure oblique dans la roche et entendirent la chute des pierres dans une cavité qu'ils supposaient importante La roche, trop dure les arrêta un moment, mais pas trop longtemps cependant car l'année suivante avec l'aide du S.C.A, ce premier obstacle était franchi le 9 septembre 1963. Un compresseur avait été transporté sur place, et après des travaux de forage et l'utilisation de l'explosif, un aven de 15m environ est ouvert et donne accès au réseau 1. (Malou et Louis Durand, René et Jocelyn Clergue, Béranger Agnel). C'est Malou Durand, secondée par Jocelyn Clergue qui descend et explore le réseau jusqu'à "la chatière". La continuation est repérée par G Calas, et les explorations sont alors interrompues le temps des vendanges. Au cours du mois d'octobre, sous prétexte d'effectuer des prélèvements, cinq membres du SC Lavaur outrepassent la consigne de ne pas franchir la chatière. Ils atteignent alors le réseau II, découvrent "le chandelier"et "le puits Ribéro". Le conseil municipal de Trassanel prit alors un arrêté interdisant l'entrée à la grotte et confiant son exploration au Spéléo Club de l'Aude.
Ces explorations reprennent le 19 octobre par le dynamitage de la chatière et la reconnaissance du nouveau réseau. Un vin d'honneur réunissant MM Pelissier, préfet de l'Aude, Catuffe, maire du village, Clergue, adjoint, son fils Jocelyn et quelques membres du S.C.A est organisé dans la "salle des diamants"(Réseau II) le 27 octobre. Les relevés topographiques des réseaux supérieurs sont alors entrepris (G Calas). La suite du réseau II est explorée avec l'aide de la Société Spéléologique de l'Ariège (P et G Chaubet, Costes, Herrero) et de la Société Spéléologique du Plantaurel (Cau et Gramont). Le "puits Ribéro"est redécouvert et descendu sur environ 50mètres par M Durand, Cau et Herrero. Le 17/11, J Hourtal s'arrête en bout d'échelle et remarque la margelle du réseau III qui sera atteinte le 15 décembre avec visite des abords immédiats. Pendant cette période, Malou Durand, à raison de deux sorties par semaine pendant un mois environ et avec une grosse racine pour guide entreprend une désobstruction dans la salle terminale du réseau II. Le 23 décembre, la jonction avec l'équipe de surface est réalisée (L Durand, R Clergue, E Gros).

 

l En 1964, le 27 février,"le puits Ribéro" est descendu, Costes, Herrero et Hourtal débouchent dans le réseau IV par le"trou merdier" Le réseau est important et le club décide alors de poursuivre les explorations des étages inférieurs sous forme d'expéditions de plusieurs jours avec installation d'un camp souterrain au réseau III. Une première expédition se déroule du 26 au 28 mars. Le premier jour, Arnaud, Hourtal, Malou, Ruffel descendent installer le camp de base. La Société Spéléologique de l'Ariège (Costes, Fabien, Herrero et Matta) les rejoint le lendemain en compagnie de Saragosse. Les deux équipes d'assurance se relaient toutes les 8 heures et les repas apportés par les jeunes du club arrivent aux étages inférieurs dans des thermos. Les différents puits conduisant au"trou merdier" sont alors explorés, le réseau III Nord est reconnu sur 150m ainsi que la branche sud. Dans le réseau IV, les équipes s'arrêtent devant le"passage Matta" à l'est et sur des lacs infranchissables (salle des lacs) à l'ouest.

Ces lacs se trouvent une centaine de mètres après la"salle de la coloration" où 2Kg de fluorescéine ont été injectés le 28. La fluctuation du niveau de l'eau leur fait croire à la découverte d'un système comparable à celui de Fontestorbes.

Une deuxième expédition aura lieu du 12 au 15 septembre. Les points extrêmes du réseau IV sont alors atteints,"salle des graviers" à l'ouest et fond du"réseau Matta" à l'est. Le club fait par la suite l'acquisition d'un treuil adapté par M Gramont de la S.S.P et destiné à assurer la descente dans le"puit Ribéro". Plusieurs générations de spéléos se souviennent encore du cérémonial qui entourait ces descentes vers les profondeurs.

Plus tard, en 1975, et non sans mal, les techniques de spéléologie alpine s'imposaient enfin après des années de veto. Il y eut quelques"procès en sorcellerie", mais cette évolution était nécessaire et inévitable, et en définitive,"les sorciers" allaient bien dans le sens de l'Histoire Deux autres expéditions importantes eurent lieu au cours de cette année 1965. Les topographies des réseaux inférieurs sont effectuées. Le réseau III est intégralement exploré et le"puits siffleur" est descendu. Une corne de bouquetin est découverte dans la"salle des graviers" (abbé Enjalran). La dernière expédition ne se déroule pas comme prévue initialement et le S.C.A change alors de stratégie et poursuit l'exploration des niveaux inférieurs en petites équipes sur des sorties à la journée.

Par la suite, de très belles griffades d'ours seront découvertes à l'extrémité du réseau III nord, ainsi que dans le réseau II bis en même temps que de très nombreux ossements de bouquetins et de rennes René Clergue, montrant le crâne de renne au bas de l'entrée du réseau II De nombreuses cheminées furent escaladées et de très nombreux aménagements effectués (porte d'entrée au réseau II, plateforme du treuil, dynamitage de certains passages)

Des travaux importants de désobstruction sont entrepris tant au niveau du trou souffleur de la salle du mystère que dans la trémie de Matta, mais à aucun moment nous n'avons pu établir cette jonction avec la partie aval du réseau de Cabrespine que les colorations ont pourtant confirmée. Un défi à relever pour les générations futures?


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